Pense-bête

Détermination du moment de l'ovulation chez la chienne



Le déterminisme hormonal des chaleurs et de l'ovulation est plus complexe chez la chienne que dans d'autres espèces animales. Sa connaissance est indispensable pour comprendre comment améliorer les résultats de la reproduction dans cette espèce.

Quelques repères


Le début des chaleurs correspond aux premières pertes vulvaires sanguines.
Moment optimal de fécondation : 2 à 4 jours après l'ovulation(temps de maturation ovocytaire)
Taux de progestérone plasmatique à l'ovulation : environ 5 à 6 ng/ml (entre 4 à 10 ng/ml suivant les laboratoires) soit 15 à 20 mol /l
Taux de progestérone plasmatique au moment idéal de fécondation : très variable d'une chienne à l'autre: 10 à 50 ng/ml.


Intérêts


  • Après un accouplement, la chienne a beaucoup moins de chances de ne pas être gestante (50 à 80 % des chiennes qui ne sont pas fécondées après un accouplement ont été présentées au mâle à un moment inapproprié).
  • Si la chienne est saillie au moment optimal, elle a plus de chances de produire une portée nombreuse (amélioration de la prolificité, c'est-à-dire du nombre de chiots nés).
  • L'accouplement se déroule le plus souvent dans de meilleures conditions comportementales : la chienne étant très consentante, la saillie est facilitée, ce qui minimise les risques de blessure et représente un gain de temps.
  • En cas de déplacement pour une saillie loin de son domicile, le voyage est mieux rentabilisé (moins de risque d'échec) et il n'et pas nécessaire de séjourner plusieurs jours sur place (diminution des frais de repas et d'hôtellerie…)
  • Lorsque le mâle est âgé ou doit être économisé, le nombre de saillies est réduit.
  • Le moment de la mise bas est mieux ciblé et celle-ci est donc mieux surveillée et encadrée.

Principe de la détermination du moment de l'ovulation



Le signal : le pic de LH



En fin de pro-oestrus, la grande quantité d'oestrogènes va stimuler l'hypophyse. Cette dernière va alors reléguer dans le courant sanguin une énorme quantité d'hormone lutéinisante (LH). C'est le "pic de LH", qui représente le 1er jour du cycle de la chienne.

L'effet du pic de LH sur les follicules ovariens est spectaculaire. À ce stade, qui précède de peu l'ovulation, ceux-ci sont remplis de liquide sous pression: cette stimulation va les faire éclater dans un délai de 48 heures (2 jours). cette rupture des follicules s'accompagne de la libération des ovocytes, c'est-à-dire des futures ovules : c'est l'ovulation.

La maturation nécessaire



Alors qu'habituellement chez les femelles domestiques (chatte, vache ..), les ovocytes peuvent être fécondés dès l'ovulation, chez la chienne, les ovocytes libérés à l'ovulation sont immatures (stade de la vésicule germinative) et ils doivent terminer leur maturation nucléaire (reprise de la méiose) encore environ deux jours avant de pouvoir être pénétrés par les spermatozoïdes. cette maturation s'effectue dans les oviductes.

La survie des ovocytes

Par recoupements, on a déterminé que la plupart des chiennes restent fécondables environ 48 heures, parfois jusqu'à 3 jours : c'est-à-dire très peu de temps sur une période de chaleurs pouvant se dérouler sur plus de trois semaines.

La chienne peut être souvent saillie avec succès pendant une période d'environ 6 jours (2 jours avant l'ovulation à 4 jours après). Cependant, le moment optimal de fécondation se situe deux jours après l'ovulation. C'est la période optimale pour un accouplement et/ou une insémination artificielle, afin d'optimiser la fertilité et la prolificité.

Lorsque la saillie est effectuée un peu en avance, il est possible qu'elle soit fécondante, du fait de la longue survie des spermatozoïdes dans les voies génitales de la femelle (jusqu'à une semaine) mais la probabilité que la saillie soit fécondante et la prolificité importante est diminuée.

Si une insémination artificielle utilisant une semence réfrigérée ou congelé est envisagée, la semence survit moins longtemps et il est indispensable qu'elle soit effectuée au moment optimum de fécondation.

Réalisation pratique:


L'estimation du pic de LH grâce à la progestérone: bof



Plusieurs études ont montré que le taux de progestérone sanguine atteint 2 ng/ml (6,5 nmol/l) le jour du pic de LH ou le lendemain. il faut alors faire accoupler la chienne 4 à 6 jours plus tard. En réalité, cette règle subit de nombreuses variations et il vaut mieux utiliser les dosages de progestérone pour détecter l'ovulation.

Principe du dosage de la progestérone plasmatique



Habituellement, chez les femelles domestiques, vache, chatte…, la progestérone n'est sécrétée qu'après l'ovulation. Mais, chez la chienne, les ovaires commencent à libérer de la progestérone à des taux détectables dès le pic de LH, c'est-à-dire environ 48 heures avant l'ovulation. C'est le phénomène de "lutéinisation préovulatoire".

Ainsi, les taux sanguin de progestérone (la progenstéronémie), qui était basal pendant tout le pro-oestrus, devient détectable par dosage avant l'ovulation. Puis, ce taux augmente progressivement pour atteindre, au moment de l'ovulation, une valeur qui se situe suivant les chiennes et les laboratoires autour de 5 ou 6 nanogrammes par millilitre (15 à 20 nanomoles par litre). Enpériode post-ovulatoire, le taux de progestérone continue d'augmenter pouvant atteindre des valeurs comprises entre 15 et 90 ng/ml.

Au moment idéal de fécondation, le taux de progestérone plasmatique est très variable: il varie de 12 à 50 ng/ml.

Quand accoupler une chienne après l'ovulation ?



Une fois que l'ovulation est repérée grâce aux dosages de la progestérone dans le sang, il faut deux jours pur que la chienne entre en période optimale de fertilité, du fait de la nécessité de maturation supplémentaire des ovules après l'ovulation. Néanmoins, les accouplements effectués dès le jour d l'ovulation ou le lendemain sont le lus souvent couronnés de succès. en Insémination artificielle toutefois, on inséminera entre 2 et 4 jours après l'ovulation.

Les dosages de progestérone en pratique



Il faut débuter les dosages suffisamment tôt au cours des chaleurs - en pratique dès que les autres techniques (frottis vaginal…) ou le comportement de la chienne laissent à penser qu'on n'est pas très loin de la phase optimale -, puis de renouveler les prises de sang tous les 2 ou 3 jours. pour un suivi de chaleurs standard, 2 à 5 dosages suffisent le plus souvent.


SUIVI PRATIQUE DES CHALEURS



Combiner les frottis vaginaux et les dosages de progestérone:

Frottis vaginal dès le 5-6ème jour de chaleurs:


- Si le frottis et la clinique évoquent un proœstrus => contrôle tous les 3 à 5 jours.
- Si le frottis et la clinique évoquent un œstrus: dosage de progestérone.

Progestérone basale:


- La chienne n'a pas commencé à ovuler.
- On peut attendre 4 à 6 jours.

Progestérone en début d'augmentation (1 à 3 ng/ml):


- ovulation imminente.
- Contrôle un ou 2 jours plus tard.

N.B.: à l'ovulation, le taux de progestérone est compris entre 4 et 10 ng/ml

Progestérone vers 5 à 10 ng/ml : ovulation.