Pense-bête

Cardiomyopathie hypertrophique du chat


Cardiomyopathie la plus fréquente dans l'espèce féline, elle touche les chats européens et est héréditaire dans les races Persan, Maine Coon et American Shorthair. Dans la race Maine Coon, la maladie survient parfois précocement : dès l'âge de 2 ans (mâles) ou 3 ans (femelles), voire 6 mois, si les 2 parents sont atteints.

Épidémiologie

Cardiomyopathie la plus fréquente dans l'espèce féline, elle touche les chats européens et est héréditaire dans les races Persan, Maine Coon et American Shorthair. Dans la race Maine Coon, la maladie survient parfois précocement : dès l'âge de 2 ans (mâles) ou 3 ans (femelles), voire 6 mois, si les 2 parents sont atteints.

Symptômes

La CMH est souvent symptomatique.

Cependant, on peut avoir :
– Cas de mort subite.

Les manifestations cliniques sont variables:
– Anorexie, tachypnée.
– Dispnee aiguë (due à un œdème pulmonaire et/ou un épanchement pleural).
– Signes de thrombo-embolie aortique le plus souvent, avec paralysie flasque des postérieurs d'apparition brutale, froideur des extrémités des postérieurs, absence de pouls fémoraux, douleur importante.
– Syncopes (lors d'obstruction au-delà/de la chambre de chasse du ventricule gauche, secondaire à l'hypertrophie pariétale ou à un mouvement anormal du feuillet antérieur de la valve mitrale.
– Souffle systolique apexien ou sternal gauche possible, voire bruit de galop.

Diagnostic

RADIOGRAPHIE
La radiographie présente des signes évocateurs mais n'est pas spécifique:
–––––– Dilatation plus ou moins marquée atriale gauche ou biatriale, donnant alors à la silhouette cardiaque un aspect de "cœur de saint Valentin" chez le chat.
–––––– L'hypertrophie ventriculaire n'est pas visualisable car concentrique.
–––––– Signes d'insuffisance cardiaque (congestion veineuse, oedème pulmonaire, hépatomégalie, épanchement pleural et péricardique [phase tardive]).

ECHOGRAPHIE
L'échographie est essentielle dans le diagnostic et montre :
–––––– Une hypertrophie ventriculaire gauche (chez le chat, l'épaisseur des parois en télédiastole ne doit pas être supérieure à 6 mm [coupe TM transventriculaire]). Cette hypertrophie concentrique peut être symétrique ou ne concerner que le septum interventriculaire ou que la paroi libre du ventricule gauche. Attention, une tachycardie ou une déshydratation peuvent mimer une hypertrophie concentrique. De même, un mauvais alignement lors de la réalisation du mode temps-mouvement peut fausser les mesures.
–––––– Une fraction de raccourcissement normale à augmentée.
–––––– Une dilatation atriale gauche ou biatriale.
–––––– Une accélération du flux aortique fréquent.
–––––– Une inversion du rapport E/A (E (Early) et A (Active) sont les deux ondes des flux mitral et tricuspidien, la vitesse de l'onde E est normalement supérieure à celle de l'onde A, l'inversion du rapport E/A est notamment la conséquence de la diminution de la taille de la lumière ventriculaire gauche en début en diastole).
–––––– Un mouvement antérieur mitral possible (déplacement systolique du feuillet septal mitral au niveau de la chambre de chasse du ventricule gauche).

L'échographie permet également :
–––––– la recherche d'un éventuel aspect hétérogène du myocarde, d'une hyperéchogénicté de l'endocarde et de thrombus atrial gauche ou aortique.
–––––– de réaliser le diagnostic différentiel avec une affection myocardique secondaire, plus particulièrement une Hyperthyroïdie, une hypertension artérielle systémique, une acromégalie (voir Affection du myocarde). Dans ce cas, le traitement étiologique est nécessaire.

Traitement

– Inhibiteur calciques : améliorent la relaxation ventriculaire.
– Lors d'insuffisance cardiaque congestive (cf. Insuffisance cardiaque): furosémide.
– Prévention du risque de thrombose : aspirine.
– Lors de syncopes, tachyarythmies : Bêta-bloquants.

En complément des modalités rapportées dans le tableau, il importe de souligner la grande sensibilité du chat au furosémide, dont la posologie est nettement inférieure à celle ordonnée chez le chien